Économie sociale et solidaire au Québec
Autrement

L’économie sociale au service du bien collectif

13 mai 2019

Que faut-il dans notre société pour créer davantage de communautés fortes, durables et responsables? Et, si je vous chuchotais à l’oreille: économie sociale.

Au Québec, c’est plus de 7 000 entreprises avec un chiffre d’affaires dépassant les 40 milliards de dollars qui œuvrent dans ce modèle économique. On ne peut pas dire que c’est négligeable. Et pourtant, elles travaillent souvent à l’abri des regards.

J’entends souvent que nous vivons dans une société individualiste, où les échanges sont quasi inexistants, que l’entraide est une utopie. Alors que notre province regorge d’engagement collectif. Y aurait-il un problème entre la perception et la réalité? Peut-être.

C’est quoi l’économie sociale?

L’économie sociale représente l’ensemble des organismes dont le premier objectif est le bien-être de ses membres ou de sa collectivité par le biais de ses différentes activités (vente ou échange de biens ou services).

Les profits monétaires sont partagés au sein de ses membres ou réinvestis dans l’entreprise.

Leur mission peut prendre plusieurs formes: l’intégration sociale et professionnelle, la préservation de l’environnement, l’offre et le maintien de services de proximité, la création d’emplois de qualité et durables, etc.

Par principe, ces organismes sont ancrées dans leur milieu et contribuent à la vitalité socio-économique des territoires. Elles sont donc importantes (voir primordiales) pour notre société.

Dans l’temps, ça se passait de même !

Il y a plus de vingt ans, lors de mes études en gestion aux HEC Montréal, on parlait peu de ce type d’entreprise. Nous parlions d’économie sociale pour comprendre le fonctionnement des organismes de charité ou des coopératives populaires, mais jamais pour en faire l’éloge ou découvrir ses bienfaits pour une société. D’ailleurs, on ne s’attardait pas très longtemps sur le sujet. Pourquoi? Sûrement parce que ce n’était pas payant (Ah! le cash…).

Par chance, au cours des dernières années, l’économie sociale (comme l’industrie du seconde main) a gagné en popularité. Les œuvres de charité demeurent présentes, mais d’autres types d’entreprises solidaires ont vu le jour. Même le gouvernement a décidé d’embarquer dans le mouvement. C’est pour dire, l’intérêt est grandissant.

En 2015, le gouvernement du Québec lançait le Plan d’action en économie sociale 2015-2020. Ce plan prévoit des investissements de 100 M$ et vise entre autres à outiller les entreprises d’économie sociale à toutes les étapes de leur développement, à améliorer l’accès aux marchés, à innover en économie sociale et à soutenir l’entrepreneuriat collectif comme solution à la relève des entreprises traditionnelles.

Malheureusement, encore aujourd’hui, ce modèle économique souffre toujours d’un grand mal: la visibilité. De nature discrète, les organismes sociaux et solidaires ont tendance à ne pas propager la bonne nouvelle.

C’est bien triste, car peu importe dans quel secteur d’activité vous cherchez, il y a une coopérative ou un organisme qui fait la différence.

Alors, qu’est-ce qu’on fait? Et bien, on fouille, on s’inspire et pourquoi pas, on se lance à son tour pour faire une différence.

D’observateurs à citoyens actifs

Si vous avez en tête de rencontrer vos voisins, aider vos semblables et bien plus, sachez que plusieurs propositions entrepreneuriales ont été conçu exactement pour cette raison.

L’atout principal de ce type de projet est de faire travailler plusieurs individus ensembles en préconisant l’implication, l’entente et la collaboration. Ce qui permet à chacun de devenir des citoyens actifs et non de simples observateurs.

Que ce soit sous la forme d’une coopérative ou d’un OSBL/OBNL (organisme à but non lucratif) les opportunités sont grandes dans tous les secteurs.

Pourquoi? Simplement, parce que ce modèle économique est basé sur des valeurs de solidarité, d’équité et de transparence.

Divers secteurs, divers besoins

Les initiatives touchent plusieurs secteurs: l’agriculture, l’habitation, la culture, l’environnement, l’éducation, l’alimentation, l’économie, peu importe, le but est de mettre en œuvre des solutions durables et innovantes à des problématiques vécues dans chaque milieu.

Certaines municipalités du Québec ont même créée des budgets participatifs en affectant une partie de leur budget municipaux à la réalisation de projets citoyens. Une pratique qui mériterait de se répandre à l’ensemble de nos villes.

Voici quelques entreprises à vocation sociale qui œuvrent au Québec. Certaines sont connues, d’autres méritent de l’être davantage. J’ai essayé de toucher plusieurs domaines pour présenter l’enthousiasme contagieux qui se cache derrière chaque projet.

La Remise – Bibliothèque d’outils

La Remise (quartier Villeray à Montréal) offre à ses membres d’emprunter des objets d’usage commun, sécuritaires et de qualité, à un prix abordable. Vous pouvez même y trouver un espace de travail adapté et des formations. Le concept est le même qu’une bibliothèque de livres, sauf qu’ici ce sont des outils. Les membres peuvent venir emprunter jusqu’à 12 outils à la fois pour une durée de 7 jours.

Autonomik – Autopartage communautaire

Fondé en 2016, Autonomik (St-Hyacinthe) offre, dans toute la Montérégie et, à terme, ailleurs au Québec, une plate-forme mobile et internet regroupant quatre services: autopartage, gestion de flotte, partage de véhicules et covoiturage. Le tout afin de favoriser la mobilité de la population, des entreprises et des organismes, en minimisant l’impact écologique des déplacements.

La Transformerie – Le récupérateur anti-gaspillage

La Transformerie (Montréal) propose de succulentes conserves réalisées à partir de fruits et légumes invendus en épicerie. Grâce à un partenariat avec les commerces et des recettes élaborées par le chef Guillaume Cantin, l’entreprise collecte, transforme et vends. Une partie des denrées collectées est aussi redonné à des organismes de sécurité alimentaire.

Réno-Jouets – Jouets usagés

Depuis 2002, Réno-Jouets (ville de Québec) et ses partenaires, ont détournés des tonnes de jouets des sites d’enfouissement afin de leur donner une deuxième vie. En plus de récupérer, recycler, réparer et réutiliser des jouets usagés, le but de l’entreprise est de sensibiliser les enfants au respect de l’environnement et venir en aide aux enfants issus de milieux défavorisés par l’intermédiaire d’organismes charitables.

Les Partag’Heures – Système d’échange local

Les partag’heures est un SEL (Système d’échange local) créé au Lac-St-Jean en 2014 à l’initiative d’un groupe de citoyen.nes qui désiraient échanger entre eux des services, des savoirs et éventuellement des biens. Les échanges sont effectués en utilisant des unités nommées tout simplement des heures. Vous pouvez suivre un cours, donner un coup de main ou échanger des objets dans un cadre convivial sans toucher à votre porte-monnaie.

Les Urbainculteurs – Potager urbain

Les Urbainculteurs (Montréal) œuvrent depuis 2009 au développement d’une agriculture adaptée au contexte urbain. Sur les toits et terrasses des bâtiments ou en plein sol… Ils cultivent la ville! Convaincus que les changements nécessaires à l’échelle globale doivent être initiés à l’échelle locale, l’équipe travaille à développer une agriculture écologique et accessible. Un jardin à la fois, ils changent le milieu de vie, favorisant la biodiversité et produisant des aliments frais, sains et ultra-locaux.

NousRire – Groupe d’achat d’aliments biologiques

L’intérêt de NousRire est d’acheter en groupe des aliments biologiques en vrac pour en diminuer le coûts, mais aussi notre impact sur l’environnement. Nul besoin de devenir membre, il suffit de se rendre sur le site web, de cliquer sur l’onglet Boutique et de passer une commande. Le service est maintenant accessible dans plusieurs régions du Québec.

D’autres idées à l’échelle du Québec

Alors, qu’est-ce que vous en dites? Ça vous tente de vous impliquer dans votre communauté? Je suis certaine qu’avec une simple recherche sur Internet vous trouverez un organisme dans votre coin de pays. Et si vous ne trouvez rien, vous pouvez peut-être développer votre propre idée ;-)

Parmi les entreprises présentées ci-haut, quelle entreprise vous semble une excellente idée pour votre petit coin de pays? Personnellement, je pense que plusieurs de ces initiatives devraient se retrouver dans toutes les régions du Québec. Vous ne trouvez pas?

N’oubliez pas de les encourager.


Références sur le sujet :


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Photo : Rawpixel

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